Vendredi 12 août 2011 - Jour 6

Danièle Miny le Samedi, 13 Août 2011. Rédigé pour le Festival de l'Assomption 2011

Sa toute-puissance nous veut libres

par Danièle Miny

Le 12 août 2011, j’avais hâte de m’installer devant mon ordinateur pour vous rapporter ce que j’ai  entendu et vu sur le site du Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap où le Festival de l’Assomption, à Trois-Rivières, prend de plus en plus son envol.

Avant la marche aux flambeaux

Permettez-moi de commencer cette page de blogue par la fin, enfin quelques minutes avant la marche aux flambeaux. D’un point de vue personnel, et j’ose croire et espérer que vous le serez aussi, j’ai été touchée par tout ce qui s’est dit et vécu ce 12 août où, comme on dit si bien au Québec : « le temps et la température étaient de notre bord », du matin jusqu’à très tard le soir. Je veux d’abord vous parler de l’animation de l’équipe du Sanctuaire et des jeunes de Cap-Jeunesse; je l’avais fait, le 11 août, brièvement. L’animation d’hier soir, dehors, sous un ciel bleu immaculé, rendait grâce à la vie, à la superbe prédication de Thérèse Nadeau-Lacour, théologienne. La directrice et chanteuse, Magali et son « band » composé d’un invité clarinettiste, Denis, des habitués, Gaétan à la guitare, Simon Bournival au clavier, de Virginia et Marie-Hélène, ont offert un spectacle en lien avec le sujet de la prédication du jour : la liberté; des compositions de Richard Séguin, Richard Desjardins, Robert Lebel, auteur notamment de chant thème du Festival : Quelle est cette folie qui s’empare du monde, quelle est cette folie qui s’empare de nous et vice et versa, chant sur lequel les jeunes de Cap-Jeunesse ont créé une chorégraphie que tout le monde exécute chaque jour, tantôt dans le Sanctuaire, tantôt dehors.

Le chœur du Sanctuaire m’a totalement épatée et, d’après les applaudissements nourris, toutes les personnes installées sur leur chaise pliante à la brunante aussi. Magali, ses chanteurs et chanteuses à voix extraordinaires ont interprété, ni plus ni moins, un air d’opéra : Va pensiero du grand Verdi, que Nana Mouskouri a repris avec la chanson : LIBERTÉ. Des frissons de la tête aux pieds garantis. Des voix posées sur la note, sans faille, nous ont accompagnés vers la marche aux flambeaux, la première que je faisais depuis mon arrivée sur le site des Oblats. Il fallait le vivre! Le décrire, j’essaie bien… c’était tellement beau, les chorégraphies, les chants, les pièces de musique… tout, bref, un 10 sur 10 pour tout. De la folie au recueillement, nous avons tous suivi! Comme me le faisait remarquer le père Ouellet : « La lune va faire une entrée remarquable à travers toute cette ambiance », en effet, la pleine lune éclairait le tout! Puis la marche : la regarder passer c’est une chose, mais la faire… une autre chose. Je me suis rappelée ma première marche aux flambeaux, à l’âge de huit ans, à Lourdes, avec le cierge, la prière écrite sur un cornet, et toutes ces personnes qui priaient dans toutes les langues. Le 12 août, j’ai vécu cela… ici au Sanctuaire, cette impression de marcher tout ensemble et de se recueillir dans un total respect. Devant moi, un très beau couple de personnes âgées qui se tenait la main : « Je ne sais pas si je saurai faire tout le parcours », dit l’homme à sa femme qui le prit avec délicatesse et tellement de tendresse, sous le bras… pendant que le père Doyon récitait les prières à Marie, puis, au final l’Ave Maria sur cd habilla la quiétude qui régnait : paix et liberté!

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La prédication de Thérèse Nadeau-Lacour a mis en valeur le talent de plusieurs jeunes de Cap-Jeunesse qui ont joué l’Annonce à Marie et la Visitation : Ici l’ange qui demande à Marie si elle veut bien accepter de porter un enfant qui portera le nom de Jésus : « Dis oui, Marie », cette interprétation démontrait par le fait même que Marie était libre de dire oui ou non, c’était une femme libre.

(Photo: Danièle Miny)


À quel Dieu croyez-vous ?
Membre du Conseil de Pastorale du Sanctuaire, la théologienne, de retour de France, Thérèse Nadeau-Lacour, lors de sa prédication, a dépeint le visage de Dieu, mais quel Dieu? « À quel Dieu croyez-vous? », lança-t-elle aux milliers de pèlerins (presque 2000 personnes). Croit-on au Dieu de la mythologie, le Dieu vengeur, ou le Dieu de Jésus? Si nous ne connaissons pas notre Dieu, comment alors répondre aux gens qui nous interpellent en disant : « Pourquoi ton Dieu accepte tant de misère, de guerres, de catastrophes ?», et parfois à nous-mêmes on se dit « Qu’est-ce que j’ai fait à Dieu pour que je sois punis ainsi ? »… Pourquoi le mal dans le monde et le silence de Dieu? Évidemment toutes ces questions remuent. Mais, on a donné une toute-puissance à Dieu qui n’est pas la sienne, de dire la théologienne. « On pense Dieu selon le modèle des puissants de ce monde et on attribue à Dieu les dérives des tyrans ».

Mystère des manières de faire de Dieu

Notre pensée humaine à courte vue, nous empêchent de voir à quel point la toute-puissance de Dieu n’est pas celle qu’on lui voue. Impossible dans ce texte d’exposer toute la richesse de la réflexion de madame Nadeau-Lacour et toutes les nuances de sa prédication, mais j’ai retenu l’essentiel : Dieu entre dans la grande aventure de l’être humain qu’il laisse libre. Jésus prévient que ni les libérations sociales et physiques, ni les libertés légitimes ne sont pas encore la vraie liberté. Il existe d’autres libertés celles du cœur et de la volonté de chaque homme. Par Marie, madame Nadeau-Lacour centre cette action de liberté laissée par Dieu à sa créature : « Marie a dit oui pour recevoir Jésus en elle; elle a fait une réflexion intelligente avant de dire oui à l’ange qui venait lui annoncer la nouvelle. Marie était libre de dire oui ou non; Dieu avait voulu se rendre dépendant de la volonté de Marie d’accepter ou de refuser. Elle était libre intérieurement. Reconnaissons que nous ne sommes pas toujours à la hauteur de la liberté intérieure que Dieu nous a donnée ».

Dieu veut la liberté de chacun de nous; sa toute-puissance va dans ce sens pour tout être humain; il en est la source. C’est une puissance créatrice, non condamnatrice ou dominatrice.
Je vais essayer de me procurer le texte de sa prédication pour l’insérer dans ce blogue… patientez?

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Tout un accueil

Thérèse Nadeau-Lacour s’est jointe aux prêtres et aux personnes qui donnent la communion durant la célébration eucharistique. Une dame à l’arrière de moi a dit : « As-tu vu le bel accueil de cette femme et son sourire en donnant la communion ».

(Photo: Danièle Miny)


 

magaliet-CLa voix inépuisable de la directrice de chant, Magali, devant l’assemblée réunie en nombre important au Sanctuaire le 6e jour de la neuvaine du Festival de l’Assomption; près d’elle le président de l’assemblée un religieux Carme, le recteur du Sanxctuaire, le P. Julien de La Fontaine.

 

(Photo: Danièle Miny)


***

Pas gênée, j’ai interrompu la conversation de deux cousines : Que pensez-vous du Festival, mesdames. Elles ont hésité, la surprise aidant et m’ont répondu : « Nous sommes cousines; nous venons de Saint-Grégoire. Ça nous plaît la nouvelle formule, le Festival. On apprend à approfondir notre foi en écoutant les prédicateurs. Nous aimons beaucoup les activités programmées à l’extérieur, le soir; la marche aux flambeaux. » Marie-Paule et Jeannie désirent que cette formule continue chaque année : «Ça nous fait du bien tout cela. » « Nous aimons les chemins de croix, les spectacles. L’an passé, c’était bien; cette année, encore plus beau »

(Photo: Danièle Miny)



À propos de l'auteur

Danièle Miny

Danièle Miny, journaliste-photographe indépendante. Rédactrice-en-chef des revues Amisol, Amigo, Apostolat international, un total de 19 ans dans les médias religieux internationaux. Pigiste pour le journal La Revue de Terrebonne. Mon intérêt de toujours: mettre en valeur la vie des gens dans mes reportages.

Commentaires (1)

  • Hélène Desautels
    Hélène Desautels
    19 Août 2011 à 09:06 |

    Très chère,
    Tu es formidable. J'ai l'impression de circuler avec toi dans ce magnifique festival tellement tu le décris bien.
    Merci
    bisous

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